La petite fille dans le placard

La petite fille dans le placard
-Sale petite peste, viens là que je t'attrape !!
-Nan, je veux pas...pas ça, pas le placard !! Je t'en supplie, je n'en peux plus, répondit Marina en sanglotant.
Marina est une enfant de 8 ans et demie. Elle va à l'école comme tous les jeunes de son âge, elle a des amis et est heureuse avec eux ; bref, tout humain la trouverait normale ; mais en réalité, une partie de sa vie est anormale : sa mère est morte alors qu'elle avait tout juste 3 ans. Et ces 5 dernières années, c'est son père qui l'a élevée ; mais celui-ci ne lui donne pas beaucoup d'affection car, paraît-il, entre son travail, le ménage et les repas à préparer, il n'a presque plus de temps libre pour sa fille. Et en effet, Emmanuel trouve que sa fille est « de trop » et, les rares fois où il s'occupe d'elle, il le fait un peu à contrecoeur.
C'est Alexia, une jeune femme qui s'occupe des enfants comme Marina, qui la garde le plus souvent. La petite fille aime beaucoup Alexia ; et elle l'aime tellement qu'elle l'appelle « maman », ce qui ne plaît pas du tout à Emmanuel ; du coup, elle l'appelle par son prénom lorsque son père est présent.
Ce soir, la jeune demoiselle est partie à l'anniversaire d'une amie ; et, n'ayant pas pu emmener Marina avec elle, c'est donc le jeune homme qui doit s'occuper de sa fille. Celle-ci, ayant posé son verre de jus d'orange sur la table, ne fit pas attention et donna un coup de coude dans son verre, qui ne manqua pas de tomber puis de se casser. Le jeune père a pour mauvaise habitude, après l'avoir giflée, de mettre sa fille dans le placard à balai à la moindre bêtise qu'elle fait. La petite a horreur de ce placard et hurle de peur quand, malgré elle, doit entrer dans ce sombre mobilier. Mais tout ça, ni les amis, ni la maîtresse, ni même Alexia ne le savent.
-Maman, maman, je t'en supplie revient...sanglota Marina
Son père s'énerva :
-Ta mère est morte, combien de fois faut te le dire ?
-Mais mon autre maman ? dit l'enfant en pleurant.
-Bon, Marina, tu commences sérieusement à m'emmerder !! Alexia n'est pas ta mère, je ne suis pas marié et je ne sors même pas avec elle, répondit Emmanuel en criant.
-Moi je veux qu'elle soit ma maman...dit d'une petite voix Marina.
Et paf ! La gifle partit d'un coup sec sur la joue de la petite. Après, tout s'enchaîna, les pleurs et hurlements de la petite, la clé du placard qui tourna dans la serrure et les pas du père qui repartit nettoyer le jus d'orange par terre et balayer les éclats et morceaux de verre.
-Maman, maman, maman, revient vite, gémissait encore la petite fille dans le placard.
La nuit passa et Marina ouvrit les yeux ; elle se souvenu alors de la dispute de la veille et se rendit compte qu'elle s'était endormie dans cet horrible placard qu'elle haïssait tant.
-Tu es réveillée, ma puce ? lui dit d'une voix douce une belle jeune femme que reconnue l'enfant. Celle-ci s'exclama folle de joie :
-MAMAN !!!
-Tu vas bien ? Et qu'est ce que tu faisais dans ce placard ??
-Oui, ça va mieux, répondit la petite. Tu m'as trouvée ?
-Oui, je voulais prendre le balai pour attraper le ballon des voisins vu que Jérôme l'a encore envoyé sur notre toit. Et puis, je t'ai retrouvée endormie à côté du balai et ensuite, je t'ai prise dans mes bras et je t'ai ramenée dans ton lit. Mais c'est Manu qui t'a jeté dedans ?
La petite fille opta pour un hochement de tête qui se révéla être un « oui ».
Alexia fut scandalisée :
- Oh, c'est horrible, raconte moi tout ma belle !
- Quand je fais une bêtise, papa m'enferme dans le placard et hier, sans faire exprès, j'ai cassé mon verre des Totally Spies ; il m'a giflé et envoyé dans ce placard, raconta Marina tout en sanglotant.
- Mon dieu, ce n'est pas possible...murmura la jeune femme tout en tendant un mouchoir à sa petite protégée et en la serrant très fort dans ses bras. Elles restèrent une dizaine de minutes blotties toutes les deux sur le lit de la petite.
Alexia finit par lui demander combien de temps cela faisait-il que son père la traitait ainsi. L'enfant répondit qu'il est devenu comme ça depuis la mort de Karine, sa mère.
-Mais pourquoi ne m'en as-tu pas parlé avant ?
-Parce que je voulais pas que papa te tape, chuchota Marina.
Et sur ces paroles, elle se remit à pleurer et Alexia sentit que des larmes lui montaient aux yeux. La jeune femme de 26 ans lui caressa la joue, lui prit la main et lui demanda :
-Veux-tu que j'en parle avec ton père ?
-Nan, enfin...je sais pas...j'ai peur qu'il te tape...
-Ne t'inquiète pas, si il lève la main sur moi, je me défendrai, répondit Alexia avec assurance.
-Maman ?
-Oui ?
La petite y alla franco :
-Tu l'aimes papa ?
-Allez viens, on va manger, sinon, ton chocolat va être froid et mon thé aussi !
La jeune femme, qui tenait toujours la main de Marina, l'entraîna avec elle dans la cuisine.
L'enfant commença à boire son chocolat :
-Mmmmmmmmh ! Il est bon ton chocolat ! Et en plus, il est même pas froid !
- Je cuisine bien hein ?
- Ben, on va dire que t'es la meilleure pour faire réchauffer le chocolat du matin, répondit la petite en riant.
Alexia se mit à rire aussi et toutes deux, finirent leur petit déjeuner dans la bonne humeur.
-Tu viens, on va se promener avec Chapka, proposa la jeune femme à Marina.
-Oh oui, cool !
L'enfant bondit de sa chaise et alla chercher la chienne qui dormait sur le lit d'Alexia.
Tous trois allèrent donc se promener dans les rues de Paris.
-Alors ? demanda la petite fille après quelques minutes de marche.
-Alors quoi ?
-Bah tout à l'heure je t'ai posé une question et tu ne m'as pas répondu...
-Ah oui, tu m'as demandé si tu pouvais venir me voir au théâtre mais je t'ai dis que oui, tu pouvais.
-Maman, arrête de jouer la comédie !
-Quoi ?! Tu veux que j'arrête de faire du théâtre ? Mais je ne peux pas, écoutes, c'est ma passion !
Marina éclata de rire puis, dit, toujours en rigolant :
-Mais non, c'est pas de ça que je voulais te parler ; je t'ai demandé, avant qu'on aille manger, si tu aimais papa !
-Ah, oui, désolée, j'étais dans mes pensées...
-Tu pensais à papa ? dit en souriant l'enfant.
-Mais non, ma puce, dit la jeune femme d'un ton dont personne n'aurait pu trouver la signification.
-Bon, tu l'aimes, hein, questionna la petite, qui commençait à perdre un peu de sa patience.
-J'aime beaucoup Manu mais, tu sais, en amitié, répondit Alexia en rougissant.
-C'est pas vrai, regarde, t'es rouge comme une tomate !
-Pff, n'importe quoi, regarde devant toi au lieu de dire des conneries !
En effet, si la jeune femme ne l'avait pas prévenue, Marina se serait prise un poteau en pleine figure !
-N'empêche que t'es quand même toute rouge, pas vrai Chapka ?
La chienne, qui était dans les bras d'Alexia, acquiesça par un aboiement.
-Tu vois, continua Marina, elle est d'accord avec moi !
-Bon d'accord, je veux bien admettre que je suis rouge mais c'est parce qu'il fait chaud aussi !
-Nan, t'es rouge parce que t'es amoureuse de papa !
Marina, voyons, ce n'est pas vrai, je viens de te dire que ton père n'est qu'un ami !
-Pour l'instant ! renchérit la petite fille. Elle s'adressa ensuite à Chapka pour lui demander son avis sur le sujet et une fois encore, elle aboya.
Marina regarda Alexia et lui dit, tout en souriant du mieux qu'elle pouvait :
-Ha ! Je te l'avais bien dit !
-Mais ma belle, les chiens ne parlent pas et quand ils aboient, ce n'est pas pour dire oui ou non.
-Si, moi je la connais bien, Chapka !
-Je te ferais dire que je la connais mieux que toi, la miss, parce que c'est la mienne !
-T'auras pas le dernier mot, protesta l'enfant.
-Si : je ne suis pas amoureuse d'Emmanuel ! Point, le sujet est clos.
Marina pouffa de rire.
-Tu redeviens encore toute rouge, s'esclaffa-t-elle.
-Si c'est comme ça, je te fais la gueule, bouda la jeune femme.
-Je suis sûre que c'est pour de rire !
Alexia ne répondit rien mais Marina, continua de rigoler, puis cria dans la rue :
-Maman est amoureuse de papa !!!
Un monsieur, d'une quarantaine d'années, s'arrêta devant la jeune femme et lui dit :
-Félicitation ! Maintenant les couples durent moins longtemps...J'espère que vous ne divorcerez jamais avec votre ami ; dites donc, comment s'appelle-t-il au fait ?
-Emmanuel, répondit Marina tout sourire, et ma maman, c'est Alexia !
-Emmanuel et Alexia, 2 jolis prénoms pour un joli couple, répondit le monsieur, qui les salua pour leur dire au revoir.
-Marina !! Tu sais, je ne te connaissais pas si impertinente !
-On dirait que tu vas exploser tellement t'es rouge !
La jeune femme, qui était à bout, s'énerva :
-Je vais t'enfermer dans le pla...
Alexia marqua une pause, puis, s'excusa, confuse de l'erreur qu'elle venait de commettre.
-Excuse-moi, c'est sorti tout seul...
Mais l'enfant, traumatisée, s'arrêta net de sourire, son visage se crispa et elle commença à pleurer.
La jeune femme lâcha Chapka et serra fort sa petite protégée contre elle. Elle lui dit, tendrement :
-Je suis désolée...je ne voulais pas dire ça, mon c½ur, pardonne-moi...
Elle l'embrassa ensuite sur son front et sur ses joues.
Marina se calma et Alexia lui prit la main. La jeune femme s'arrêta devant la boulangerie et dit à sa « fille » :
-Attends-moi là avec Chapka, ma puce, j'en ai pour 2 minutes ! Sois sage !
-D'accord maman !
Alexia sortit de la boulangerie avec 2 sucettes à la main.
-Tiens, dit-elle à Marina, c'est pour toi !
-Merci ! Cool c'est au coca, mon parfum préféré, s'exclama la petite.
-Oui, c'est fait exprès ! Moi j'ai pris à la fraise !
-Et pour papa ?
-Oui, j'en ai prise une pour lui, elle est dans mon sac, lui, il adore la cerise !
-Et Chapka ?
-Elle, elle n'a pas le droit, les sucettes pour chiens n'existent pas encore !
-Je peux lui en donner de la mienne ?
-Bah, si tu veux avoir des microbes vas-y, lui dit-elle en rigolant.
-Ah...et si je lui donne juste la fin ?
-Bon d'accord, si tu veux ma puce !
-Cool !
-Mais si elle recrache, c'est qu'elle aime pas !
-Ok.
Elle repartirent en silence puis, la petite se décida enfin à poser la question qui l'obsédait tant :
-Dis, tu vas parler à papa, alors ?
-Oui, dit Alexia d'un ton un peu embarrassé.
Le soir venu, juste avant qu'Emmanuel rentre de son travail, la jeune femme fouilla toute son armoire, trouva enfin ce qu'elle cherchait et s'habilla avec sa tenue la plus sexy.
Ca y est, le jeune père arriva enfin et ouvrit la porte.
-Bonsoir Emmanuel !
Le jeune homme répondit exactement sur le même ton :
-Bonsoir ma chère Alexia !
« Ouf, il a l'air de bonne humeur ce soir ! », se dit Alexia et pour elle, c'était déjà ça de gagné.
Il enchaîna :
-Waouh ! Tu es superbe !
En effet, Alexia est une jeune femme très belle, aux longs cheveux châtains et aux yeux bleus.
Elle répliqua aussitôt :
-Merci, et toi, tu es très beau !
Emmanuel est effectivement très beau : un grand brun aux cheveux courts et aux yeux marrons.
-Merci, c'est gentil, lui répondit le jeune homme.
-De rien, je dis ce que je pense.
-Bah, moi c'est pareil, quand je dis que tu es très belle, je le pense !
Ils se sourirent l'un à l'autre.
Ils passèrent enfin à table –sans Marina car celle-ci avait déjà mangé- et le dîner se passa dans le calme.
-Tiens, j'ai un cadeau pour toi, dit–Alexia à la fin du repas, en lui tendant la sucette à la cerise, achetée quelques heures auparavant.
Le jeune père lui répondit puis lui fit un clin d'½il.
-Oh, merci, c'est gentil, je penserai à toi quand je la mangerai !
Alexia eu soudain, après ces quelques mots, un sourire coquin. Manu lui rendit ce sourire et le bel homme lui dit, tout en se rapprochant de son visage :
-Voyons, ce n'est pas à cela que je pensais...
-Ah bon ? Pourtant, je pensais, répondit en murmurant la belle jeune femme qui rapprochait ses lèvres contre celles d'Emmanuel.
Ils s'embrassèrent fougueusement avant de tomber l'un sur l'autre dans le canapé.
Marina, qui était censée être dans sa chambre à ce moment, s'était cachée derrière le bar de l'appartement et assistait à toute la scène ; elle retourna dans sa chambre, le sourire aux lèvres, toute contente qu'Alexia sorte enfin avec son père.
Le lendemain matin, la jeune femme alla réveiller sa petite protégée.
-Coucou ma belle, ça va ?
La petite s'exclama :
-Mamannnnnnn !!!!! Oui, ça va, et toi aussi, je suppose...
La jeune femme s'approcha de Marina pour lui faire la bise et lui dit ensuite d'un ton un peu surpris mais avec le sourire :
-Comment tu sais ça toi ?
L'enfant répondit elle aussi avec le sourire
-Je t'ai vu avec papa hier.
-Tu n'étais pas censée dormir, toi, demanda la belle Alexia en lui caressant la joue.
La petite, maligne, répondit
-Si mais j'arrivais pas et je me suis levée pour boire mais comme j'ai pas voulu déranger, je me suis cachée derrière le bar !
Alexia dit en riant :
-Je suis sûre que t'avais même pas soif, petite menteuse !
-T'as raison, j'avoue, je suis juste espionne, sourit Marina en mettant ses lunettes de soleil qui était poser sur sa table de chevet.
-Petite chipie, dit la jeune femme en la chatouillant.
L'enfant se mit aussi à chatouiller Alexia et se mirent à rigoler toutes les deux.
Après leur petite chamaillerie, la petite fille demanda :
-Tu lui as dit pour le placard ?
-Non, pas encore, j'ai préféré me taire cette fois là, mais promis, je lui en parle ce midi.
-D'accord ; mais tu sais,c'est pas grave et ça n'est pas si pressé que ça, si tu te sens pas encore prête, attends un peu avant, répondit gentiment Marina.
Alexia, qui avait perdu son sourire, lui chuchota :
-Un peu quand même, beaucoup d'ailleurs...
Le déjeuner se passa dans le calme et la sérénité.
Soudain, la petite Marina demanda poliment :
- Alexia, papa, est ce que je peux sortir de table ?
- Oui, répondit Emmanuel.
La jeune femme confirma d'un hochement de tête. Elle les remercia puis quitta la table.
Après quelques secondes, Alexia demanda timidement à son ami pourquoi il ne l'avait pas embrassée en rentrant. Le jeune homme lui répondit gentiment qu'il ne voulait pas que sa fille soit au courant pour l'instant. La jeune femme répliqua :
-Et bah tu vas être surpris car elle l'a su en même temps que nous ; hier, elle est sortie de sa chambre pour boire, et elle nous a vu...
-Mince...Et comment a-t-elle réagit ?
-Très bien, dit-elle en souriant.
-Je m'en doutais un peu ; mais ce que je crains c'est qu'elle t'appelle « maman », dit Manu d'une voix légèrement monotone.
-Pourquoi, Ca te dérange tant que ça ? questionna-t-elle
-Nan, ce qui m'embête, c'est que tu n'es pas sa vrai mère et je ne veux pas qu'elle croie, au fil du temps que tu es sa mère biologique...
-Mais pourquoi veux-tu qu'elle croie ça, elle est assez grande et sait très bien que sa « vraie » mère n'est plus de ce monde...dit Alexia qui ne saisissait pas bien où son compagnon voulait en venir.
-Oui mais j'ai peur qu'étant ado elle se referme sur elle-même, qu'elle plonge dans la déprime et la drogue ou encore qu'elle tente de se suicider et...
-Arrête de te prendre la tête, tu te fais trop de soucis, Manu, intervint la jeune femme, cela n'arrivera sûrement pas, je veillerai sur elle et ferai de mon mieux pour qu'elle se sente bien ; je te le promets mon amour !
Emmanuel fut touché par ces mots et lui répondit, avec les larmes aux yeux :
-Merci ma chérie, merci beaucoup ! Tu sais, j'ai été difficile avec Marina ces dernières années ; j'ai fais des choses horribles, Alex, je l'enfermais...
La belle jeune femme continua en murmurant :
-...dans le placard à chaque bêtise qu'elle faisait et tu la giflais, oui je sais chéri, je sais...
Le jeune homme, demanda surpris :
-Elle t'a racontée ?
-Oui, hier matin...c'est moi qui l'ai retrouvée dans le placard. Je devais t'en parler mais tu vois, ça s'est fait tout seul...
-Ok, elle a bien fait.
Il marqua une pause sur ces paroles puis, continua :
-Alex, si tu veux bien de moi, je pourrais changer et montrer à ma fille que je l'aime. Je n'ai pas pu le lui montrer avant, tellement j'étais préoccupé et que je ne me remettais pas de la mort de Karine mais je pense que j'ai enfin tourné la page, et hier, je me suis rendu compte que j'étais vraiment amoureux de toi. Alexia, je t'aime.
La jeune femme, émue par cette déclaration, répondit avec les larmes aux yeux :
-Moi aussi je t'aime Manu, oui je te veux et je serai là n'importe quand et n'importe où pour vous deux !
Emmanuel la prit dans ses bras et l'embrassa.
Et qui était encore caché derrière le bar ? Marina, qui elle aussi, en eût les larmes aux yeux.
Le jeune père, l'aperçut enfin et dit :
-Tiens, on dirait que notre princesse à encore soif !
Ils se mirent à rire tous les trois et la petite les rejoignit près du canapé. Ils s'assirent ensuite pour discuter un peu ; Alexia à droite, Emmanuel à gauche et Marina au milieu.
Près de 10 mois s'écoulèrent et tous trois –en fait tous 5, parce que la chienne et le chat, Chapka et Bambou étaient là aussi- les ayant vécu avec plein de sourire, de rire et de bonheur.
Le jeune père dit, d'un ton sérieux, à sa fille :
-Marina, je voulais...enfin, on voulait te dire quelque chose...
La jeune fille – eh oui, elle a maintenant 9 ans et demi ! – les regarda, les yeux ébahis et commença :
-Vous allez...
-... nous marier, oui, continua Alexia ;
Marina s'exclama :
-Cool !!! J'en étais sûre !
Elle fit ensuite la bise à son père, à la jeune femme, et même à Chapka et Bambou.
Le jour tant attendu arriva enfin. Les futurs mariés se préparèrent chacun de leur côté et ce fût Alexia qui habilla « sa fille ».
Il entrèrent dans l'église et la célébration se passa à merveille.
A la sortie, Marina se précipita dans les bras de la jeune mariée. Elle s'écria :
- Maman !!! Je suis contente que vous êtes enfin mariés, papa et toi !
- Oui, et ton père a enfin accepté que tu m'appelles « maman », lui répondit-elle.
- Je t'aime maman, murmura la jeune fille à l'oreille d'Alexia.
- Moi aussi je t'aime ma puce, lui chuchota la jeune femme en l'embrassant tendrement.
Une dizaine de mois passèrent et un nouveau membre s'ajouta à cette famille. C'était un petit garçon.
Alexia demanda à sa jeune protégée :
-Tu veux qu'on l'appelle comment ton petit frère ?
-Euh...ben moi j'aime bien « Jérémy » !
-J'aime bien aussi ! Et toi Manu, t'en penses quoi de « Jérémy » ?
-J'aime beaucoup aussi, et je ça lui ira à merveille !
-Bon, alors tout le monde est d'accord, dit Alexia
Marina la contredit d'une petite voix :
-Nan, pas tout le monde ; Chapka, Bambou, vous êtes d'accord pour que le bébé s'appelle Jérémy ?
Chapka aboya et Bambou miaula, tous deux pour acquiescer.
- Maintenant, tout le monde est d'accord, termina-t-elle. Bon je vais me couchée, je suis fatiguée... A demain papa dit-elle en embrassant son père ; bonne nuit Chapka, à demain Bambou, continua Marina en faisant un bisou à chacun d'eux. Bonne nuit Jérémy, et bonne nuit maman, termina-t-elle en embrassant tendrement Alexia ainsi que son ventre.

# Posté le samedi 25 octobre 2008 04:47

Modifié le mardi 28 octobre 2008 12:29

Les ruines du souvenir

Les ruines du souvenir
8h30 du matin : - Oulala, quelle nuit !
Léna, 19 ans se réveille à l'hôpital Saint-Mathieu.
- Ben, j'suis où, là ?
La jeune fille a eu la veille un accident de scooter lorsqu'elle était avec sa meilleure amie, Ségolène, 17 ans, pour aller à une soirée.
- Hey mais c'est un hôpital !!
Une infirmière entre alors : - Bonjour ! Je suis contente que tu te sois réveillée, Léna !
- Mais ? Qu'est-ce que je fous là ?! Et Ségo, elle est où ?
Emilie sentit la jeune fille paniquée.
-Calme-toi...Tiens, tu dois avoir faim, mange, dit doucement l'infirmière en lui tendant un plateau.
-Merci ; mais est-ce que vous pouvez me raconter ce qu'il se passe, s'il vous plaît ?
-Oui .Alors, par quoi commencer, eh bien, le samu t'a amené ici hier soir, vers 21h, on t'a retrouvée allongée, inconsciente dans un quartier du Sacré-c½ur, près de ton scoot.
-Et Ségolène ? s'agita brusquement la jeune fille.
-Ton amie était avec toi ; on a été obligé de vous séparer, étant donné qu'il n'y a plus de chambres de 2 libres...
-Ah...Et...elle va bien ? demanda Léna, inquiète.
-C'est-à-dire que...elle ne s'est pas encore réveillée...
La jeune infirmière se sentit obligée de ne pas lui révéler l'état de son amie pour le moment, par peu d'un gros choc ; pourtant, Ségolène sombre dans un profond coma...
-Mange, continua la femme en blanc, avant que ça ne refroidisse !
-Oui Emilie...balbutia-t-elle en guise de réponse
-Bon, je te laisse, dit l'infirmière en lui faisant un clin d'½il
Léna acquiesça en souriant, malgré son inquiétude pour sa meilleure amie. Elle essaya de ne pas trop y penser et se dit que s'il s'était passé quelque chose de grave, Emilie l'aurait prévenue.
Quelques jours plus tard, la jeune fille pu enfin sortir de l'hôpital -elle avait seulement quelques côtes cassées- pour retrouver sa petite s½ur de 15 ans, Cécilia. Depuis leur enfance, celles-ci s'entendent à merveille et depuis toujours, Léna est la confidente de sa petite s½ur.
Mais malgré son envie de la retrouver, elle redoutait l'affrontement et les explications avec sa mère –elle savait que son père ne l'enguelerait et ne la jugerait pas et irait jusqu'à lui trouver des excuses- qui, à chaque fois que ses filles font des erreurs, leur fait la morale. La jeune fille était triste aussi car à chaque fois qu'elle demandait aux infirmiers qui défilaient si son amie allait bien, on lui répondait « Nous sommes désolés, mais nous n'avons pas plus de précisions ». Léna n'arrivait pas à comprendre cette réponse si floue.
Avant de sortir de l'hôpital, elle croisa Emilie, qui la saluait et lui demanda une dernière fois, avec un peu d'espoir, si elle savait ce que Ségolène avait et, franche, elle lui répondit :
-Euh, Léna, je ne veux pas te mentir plus longtemps, Ségolène est...dans un profond coma...
La jeune fille tomba de haut, mis un certain moment à réaliser les paroles de l'infirmière, puis, finit par bredouiller :
-C'est...c'est pas possible, je peux pas y croire...
Elle s'écroula sur une chaise près de la sortie et continua :
-Mais je ne veux pas qu'elle meure...Ségolène est...la personne qui compte le plus pour moi et je l'aime plus que tout, avoua-t-elle à Emilie.
Elle compris alors les sentiments de Léna pour sa meilleure amie et ne su quoi dire. Un silence plana pendant quelques minutes ; Léna, abattue par cette triste nouvelle, et Emilie, gênée par cette situation. La jeune fille, en pleurant toujours, lui demanda si il y avait moyen de rentrer dans sa chambre pour la voir et lui parler, même inconsciente. L'infirmière lui dit que ce n'est pas recommandé mais précisa qu'après tout, elle pouvait y aller car ce n'est pas non plus interdit et que ça lui dit que ça lui ferait du bien. Léna la remercia, fit demi-tour, s'arrêta ensuite devant la chambre 118 pour y entrer. Elle découvrit sa meilleure amie en piteux état. Elle eu d'abord un choc et se mis ensuite naturellement à lui parler de tout et de rien et priait pour qu'elle l'entende.
Quand elle eu terminé, elle lui caressa tendrement la joue et sortit de la pièce morbide. En repassant dans le couloir de sortie, elle vit Emilie qui l'attendait et lui demanda comment elle se sentait. La jeune fille lui répondit qu'elle se sentait mieux et que ça l'avait libéré de lui avoir parlé ; elle remercia encore une fois l'infirmière de l'avoir autorisée à aller voir son amie, la salua et sortit enfin de cet hôpital qu'elle ne portait pas dans son c½ur. –Auparavant, cet endroit lugubre lui était inconnu mais dorénavant, la haine l'envahit rien que de le voir. –
Une semaine passa avant qu'elle ne remette les pieds dans cet hôpital où est endormie Ségolène –et où elle-même y avait séjourné pendant quelques jours.-
Si elle mit autant de temps à se décider pour y aller, c'est qu'elle voulait marquer un peu de distance avec ce qu'elle venait de vivre une dizaine de jours auparavant.
Elle entra donc dans l'hôpital, se dirigea vers l'accueil et y demanda « Ségolène de la chambre 118. » Elle lui dit de monter et lui précisa qu'elle n'était plus dans le coma. Léna la remercia et se dirigea rapidement vers l'ascenseur car elle voulait cacher ses larmes. Elle ressentait une joie profonde mais avait le c½ur qui battait fort car elle était angoissée à l'idée de retrouver son amie. Arrivée devant la porte, elle respira un bon coup et frappa. « Oui ? » répondit Ségolène d'une voix fatiguée. Léna prit son courage à deux mains, ouvra la porte et dit, avec le c½ur rempli de joie : - Ségo !!!! Olala, j'suis tellement contente de te retrouver ma chérie ! Ca va mieux ??
-Euh...excuse moi, mais...t'es qui ?
-Nan mais attends Ségo, ça fait deux semaines qu'on ne s'est pas vu et toi, la première chose qui te vient à l'esprit c'est de me faire une blague ? Heureusement que j'ai de l'humour, fit en souriant la jeune fille.
-Nan mais je suis sérieuse...euh, c'est quoi ton prénom, au fait ?
Léna, qui commençait à perdre patience, répondit sur un ton ironique :
-Micheline !! Nan mais si tu continues comme ça, j'me casse, c'est plus drôle à la fin !
On frappa à la porte. C'était Emilie.
-Ah, bonjour Léna, dit-elle, je vois que tu as appris pour ton amie, continua-t-elle, confuse.
-Euh oui, elle s'est réveillée, la fille de l'accueil me l'a dit avant que je monte ! J'suis super contente !
-Ah, je vois...elle t'a pas dit, soupira la jeune infirmière, et évidemment, c'est toujours à moi d'annoncer les mauvaises nouvelles...
Léna, qui ne comprit pas à quoi elle faisait allusion, s'étonna :
-Comment ça ?
-Ben, en fait, ton amie s'est réveillée, certes c'est une bonne chose, mais ce que tu ignores encore, c'est qu'elle ne se souvient de rien.
-Elle ne se souvient plus de l'accident ?
-En partie, mais elle n'a aucun souvenir de sa vie d'avant.
La jeune fille, qui était encore heureuse de revoir sa meilleure amie il y a quelques secondes, déchanta, puis, d'un mouvement de tête, se tourna vers Ségolène :
-Alors...ce n'était pas une blague ?
Son amie, confuse, fit un signe de tête pour confirmer.
Emilie déposa une aspirine sur sa table de chevet, dit au revoir à Léna et s'éclipsa, en laissant les deux jeunes filles car elle voyait bien qu'elles avaient besoin de parler.
Après un court silence, Léna reprit la parole :
-Alors comme ça, tu ne te souviens plus de moi ?
-Non, désolée...je viens juste de savoir que tu t'appelles Léna, répondit toujours confuse Ségolène.
-Ah ok...ben, je suis ta meilleure amie...
Ségolène s'excusa encore de ne plus avoir aucun souvenir d'elle et lui demanda de lui raconter comment elles s'étaient rencontrées et les meilleurs moments qu'elles avaient passé avant.
Elles discutèrent ainsi pendant quelques heures. Ségolène remercia son amie de lui avoir fait ces confidences ; Léna lui dit alors qu'elle serait toujours sa meilleure amie, même si elle ne retrouve pas la mémoire, et qu'elle sera toujours là pour elle. Ségolène la remercia de nouveau et lui jura de prendre rendez-vous avec un hypnotiseur professionnel quand elle sortira de l'hôpital.
8 mois plus tard, elle avait retrouvé tous ses souvenirs et partageait à nouveau tout avec Léna.
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# Posté le mercredi 22 octobre 2008 10:40

Modifié le vendredi 24 octobre 2008 10:57